- Du druidisme antique au druidisme moderne -
Les druides nous sont décrits par les auteurs de l’Antiquité, ainsi que par les textes mythologiques irlandais et gallois. Les premières descriptions historiques remontent aux VI° et V° siècles ACN (Hécatée de Milet, et Hérodote). Après César, Auguste, Tibère, et Claude luttèrent activement contre le druidisme, afin de briser la hiérarchie de la société celtique, régie par les druides. Les rois n’agissant jamais sans l’avis de leurs druides, c’était donc le culte druidique animant la révolte qu’il fallait éliminer. A partir du III° siècle, c’est la christianisation qui prit le relais, condamnant sévèrement le druidisme et ses réminiscences populaires jusqu’au-delà du XVI° siècle. C’est en Bretagne insulaire et en Irlande que le druidisme est resté le plus longtemps intact : l’Irlande n’a pas connu la romanisation, et les filid, successeurs intellectualisés des druides, y sont restés des personnages influents jusqu’au XVII° siècle. Au siècle suivant s’organisent les premières filiations néo-druidiques au pays de Galles, en Cornouailles, puis en Bretagne armoricaine. Le mouvement bardique a subsisté lui aussi jusqu’au XVIIII° siècle : tantôt adulées, tantôt vilipendées et combattues, les écoles bardiques sont parvenues à surmonter les turbulences liées aux différentes époques. Par ailleurs, de multiples traditions séculaires ont pu survivre dans les populations locales des régions les plus éloignées.

Les druides antiques refusaient de confiner les connaissances et le sacré par écrit : le savoir se transmettait uniquement par voie orale et mémorisation. Les derniers collèges druidiques ayant été démantelés vers le V° siècle, il y a eu rupture d’oralité et de transmission durant des siècles jusqu’aux premières transcriptions des textes mythologiques en Irlande. Conscients de la perte considérable de données précises, les progrès de l’archéologie, les nombreux textes mythologiques comparés aux commentaires des auteurs classiques, nous permettent aujourd’hui de combler bien des lacunes, et ainsi de comprendre et d’interpréter le monde religieux et traditionnel des Celtes.

Le druidisme contemporain ne revendique évidemment pas la descendance directe des druides antiques, mais simplement son héritage : il n’est plus une institution officielle, mais une société initiatique qui s’évertue à étudier les matières celto-druidiques pour en extraire l’éthique, la philosophie, la sagesse, les symboles, les sciences et autres connaissances, afin de les restaurer et de les transmettre. C’est une démarche exigeante qui implique autant un travail sérieux qu’une exploitation humble et modérée. Dans un esprit de cohérence et de respect du précieux héritage, il convient d’écarter toute théorie improbable. Aujourd’hui comme par le passé, la fonction de druide ne s’improvise pas.

Hélas, le druidisme moderne , parfois victime de son succès ou contaminé par des mouvances indésirables, souffre d’un grand nombre de disparités et de dénaturations trop voyantes, altérant la bonne réputation des collèges.